Monitorage des algues toxiques Alexandrium catenella

Présentation de l’application de prévisions de floraison de l’algues toxiques Alexandrium catenella dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent, côte est canadienne

L’application présente les résultats du modèle de prévision du risque de floraison de l’algue toxique Alexandrium catenella. Les prévisions sont mises à jour toutes les six heures, et permettent de visualiser le risque de floraison pour les prochaines 48 heures.

Une algue toxique sous surveillance

La présence sur la côte canadienne d’Alexandrium catenella est surveillée depuis plus de 20 ans, car cette microalgue planctonique a la capacité de produire des neurotoxines (les saxitoxines). Lors des floraisons d’A. catenella (phénomène durant lequel les algues se multiplient en très grand nombre dans un lieu précis), les mollusques filtreurs (p. ex. moules et pétoncles) consomment cette algue et concentrent dans leur chair les neurotoxines. Les consommateurs des mollusques contaminés risquent alors l’intoxication paralysante par les mollusques (IPM), qui entraînent des symptômes neurologiques chez de nombreuses espèces, incluant l’homme. Les symptômes peuvent comprendre des maux de têtes, des nausées et des étourdissements. Dans les cas les plus sérieux, l’intoxication peut entraîner des troubles neuromusculaires graves (ataxie, paralysie).

Des floraisons en augmentation

Les floraisons d’algues toxiques peuvent entraîner des conséquences socioéconomiques importantes pour les régions touchées. En effet, le risque accru de mortalité de prédateurs marins (Starr et al., 2017) ainsi que les fermetures préventives de sites d’élevage de coquillages peuvent affecter durement les populations humaines de ces régions. Or, la fréquence et l’étendue géographique des algues toxiques semblent changer dans plusieurs régions du monde (Gobler, 2020). Les changements climatiques seraient une des causes de l’augmentation perçue, et plusieurs études démontrent que les algues toxiques sont sensibles aux précipitations et au ruissellement, ainsi qu’aux conditions océanographiques telles que la salinité et la température de l’eau (Weise et al., 2002; Fauchot et al., 2005; Starr et al., 2017).

Un projet novateur

Dans ce contexte, un programme de recherche visant à développer des modèles empiriques de prévision des floraisons d’algues toxiques a vu le jour à l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada), sous la supervision de Michel Starr (PhD), Joël Chassé (PhD), Aude Boivin-Rioux (MSc) et Denis Lefaivre (PhD). Le premier résultat du programme est le modèle de prévision du risque de floraison de l’algue toxique Alexandrium catenella. Les prévisions sont mises à jour toutes les six heures, et permettent de visualiser le risque de floraison pour les prochaines 48 heures. Les résultats du modèle peuvent être visualisés grâce à l’application. Les données issues du premier modèle canadien opérationnel d’Alexandrium sont ainsi rendues accessibles aux organismes de réglementation gouvernementaux fédéral et provinciaux, aux industries aquacoles, ainsi qu’aux municipalités et aux populations locales qui dépendent principalement des ressources marines pour leur subsistance. Ces organisations bénéficient directement des résultats de ce projet en obtenant des informations complètes et des projections à court terme nécessaires à l’élaboration de stratégies d’adaptation qui minimisent les impacts socio-économiques d’A. catenella. Cette approche pourrait éventuellement être étendue à d’autres espèces toxiques (p. ex. Dinophysis) et à d’autres zones côtières canadiennes gravement touchées (p. ex. le détroit de Géorgie) ou potentiellement touchées (baie d’Hudson, Arctique canadien) par les algues toxiques.

Pour citer l’application

St. Lawrence Global Observatory, Boivin-Rioux, A., Starr, M., Chassé, J., & Lefaivre, D. (2022). Toxic Algae Alexandrium catenella Monitoring in Estuary and Gulf of Saint-Lawrence Web Application. Observatoire Global du Saint-Laurent. https://doi.org/10.26071/OGSL-BW9A-0Y85

Pour plus de détail sur la méthodologie, rendez vous sur l’application et dans la section méthode de l’article de Boivin-Rioux et al. (2021) : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmars.2020.608021/full